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Développement durable et stations d’hiver / ski : quel futur ?

lundi 20 février 2006, par Dly

Quand les canons à neige introduisent au débat... économie locale vs environnement artificiel et pollué ? réchauffement climatique ? autant de sujets qui remettent en cause le futur des stations de ski d’hiver. Un article à lire. Très intéressant.

Analyse Des canons à neige précieux mais dangereux, par Jean-Louis Andreani LE MONDE | 18.02.06 | 14h20 • Mis à jour le 18.02.06 | 14h24

A première vue, un canon à neige n’a pas vocation à soulever de grands débats. Ces engins, sorte d’"assurance-neige" des stations de sports d’hiver face aux aléas climatiques, ont été utilisés en abondance pour préparer les pistes des JO de Turin. Ils semblent se limiter à une invention astucieuse. En réalité, les polémiques sont vives. La banalisation de l’enneigement artificiel cristallise en effet les débats sur des questions très sensibles : développement durable, réchauffement climatique, dialectique entre activité économique et préservation de l’environnement...

Dans les massifs montagneux, toute une économie est fondée sur l’exploitation de "l’or blanc". Or il est maintenant admis que, avec le changement climatique, les stations de moyenne montagne doivent s’attendre, à terme, à une baisse significative de l’enneigement, fatale aux plus fragiles.

Elus, aménageurs, promoteurs et habitants sont donc face à une redoutable question : que faire ? Envisager une reconversion ? Ou bien persévérer, envers et contre tout, dans le ski qui a fait la fortune de ces montagnes ? Les possibilités de reconversion ne sont pas infinies, et sans doute moins porteuses de retombées économiques que l’accueil de milliers de touristes venus dévaler les pentes neigeuses. C’est pourquoi, faute de pouvoir agir sur la météo, la tentation de la fuite en avant est forte : des canons, toujours plus de canons pour conserver la clientèle.

Mais ces armes sont gourmandes. Leur munition de base, c’est l’électricité, à l’heure où les économies d’énergie redeviennent un impératif. Et surtout l’eau. Or cette ressource, elle aussi, se raréfie (la France semble devoir se préparer à une troisième année de sécheresse), peut-être justement à cause du changement climatique. C’est pourquoi les canons à neige sont devenus l’une des cibles des associations environnementales. Celles-ci soulignent que les canons consomment deux à trois fois plus d’eau à l’hectare que le maïs, alors même que la maïsiculture est réputée être une culture très dépensière en eau. En 2004, un rapport officiel indiquait que l’eau avalée chaque année par les canons à neige représentait la consommation d’une ville de 170 000 habitants, et les conflits d’usage se multiplient...

Les écologistes évoquent aussi des atteintes au paysage liées à la multiplication de "retenues collinaires" artificielles gigantesques, voire des risques pour la santé humaine : l’ajout, dans certains cas, d’un additif destiné à accélérer la formation de gel favoriserait la prolifération de bactéries et polluerait les sols.

De leur côté, les élus mettent en avant les impératifs économiques, les retombées en termes d’emploi, et se défendent des accusations de pollution et de gaspillage d’eau. Certains reconnaissent les risques, mais soulignent qu’ils font une utilisation raisonnée des canons. Ainsi Marc Bosse, directeur de l’office du tourisme du Grand-Bornand (Haute-Savoie), affirme, sur le site Internet de 60 millions de consommateurs : "Nous ne sommes ni fous ni inconscients (...). Nous avons vu des excès à la fin des années 1990 : certaines stations ont cru trouver, avec les canons, la solution miracle ; des villages de très basse altitude se sont convertis en stations de ski, avec des subventions des départements et des régions... Mais heureusement ces dérives ont pris fin (...). Le challenge va être la gestion de l’eau."

Dimanche 5 février, Serge Lepeltier, ancien ministre UMP de l’écologie et créateur en novembre 2005 d’une association, Valeur Eologie, s’est rendu à la station iséroise de l’Alpe-d’Huez pour dénoncer la multiplication des canons à neige. M. Lepeltier demande au gouvernement un moratoire sur l’implantation de nouveaux canons et des études d’impact. Après avoir été prié de s’écarter des pistes où il voulait distribuer des tracts, l’ancien ministre a affirmé : "L’accueil qui m’a été réservé prouve que le sujet n’est pas anodin et que certains ont peur d’ouvrir le débat." Le maire de la commune d’Huez-en-Oisans, Eric Muller (divers droite), qui juge l’initiative de M. Lepeltier "dérisoire", a rétorqué : "S’il veut alerter le gouvernement, il devrait aller à Matignon ou à l’Assemblée nationale, plutôt qu’en station." La guerre des canons ne fait peut-être que commencer.

Jean-Louis Andreani

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-742716,0.html

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